mercredi 9 juin 2010

la buanderie

Question de passer le temps en allaitant, puisque je ne peux quand même pas passer mes journées à la bibliothèque sur l'ordinateur tortue, je me suis loué des livres. J'ai fait ça quand on est venu s'inscrire les filles et moi. L'ambiance était assez...anarchique et le ciel menacait d'éclater en orage violent. J'ai donc fait vite. Après avoir aidé Moyenne puce à atteindre des livres sur l'étagère qu'elle menacait d'escalader, j'ai presque couru dans les allées, Bébé puce balancant joyeusement dans son banc d'auto (je ne reviendrai jamais du poids de ce truc la...) et Grande puce tentant de faire comprendre à Moyenne puce qu'il ne fallait pas crier, même de joie, dans une bibliothèque... (si vous êtes mélés à lire, imaginez en direct...) Pour aller vite sans ramener n'importe quoi à la maison, j'ai misé sur des valeurs sures, Mary Higgins Clark et Patrick Senécal. Ceux qui ne connaissent pas, je résumerai comme suit: suspense, épouvante, horreur, abomination, décadence... Surtout Patrick Senécal... Mary Higgins Clark est bien moins pire, plus divertissante qu'autre chose. Je pense que sa description des mets mangés par les personnages m'impressionne plus que tout le reste mais bon, on ne fera pas un billet la dessus, je m'égare...

Tout ça pour vous raconter ma brassé de lavage de ce matin... N'essayez pas de faire le lien seul, continuez à lire... Les tuyaux de notre laveuse sont demeurés à l'appartement, temporairement, ou pour toujours, mon chum décidera, moi je n'arrivais pas à les dévisser. D'ici à ce que chéri décide (faut surtout pas le brusquer...), le linge s'accumulant dangereusement, j'ai pris la décision de revivre mes premières années en appartement et d'aller visiter la buanderie du coin (je l'ai oublié hier mais oui, il y a aussi une buanderie dans mon village). Question de ne pas utiliser la voiture inutilement, j'ai décidé d'y aller après avoir conduit chéri au travail, c'est à dire à cinq heures quelques ce matin.

Bébé puce dort, les deux autres puces sont chez leur papa, je pénètre donc en silence dans le sous sol moisit ou s'entrepose les machines à laver. J'ai deux sacs bien pleins dans une main, le banc d'auto et le bébé dans l'autre. Je démarre ma brassée et m'installe sur les petits bancs on ne peut plus inconfortable, bien décidé à plonger à nouveaux dans le roman tordu de Patrick Senécal que j'ai déja à moitié dévoré la veille. Plus je lis, plus l'ambiance me semble sinistre. Mais je continue ma lecture, sursautant et regardant partout autour chaque fois que Bébé puce émet un son...  Le lavage terminé, je passe un bon cinq minutes à évaluer les différentes sécheuses, à me battre avec la machine à change et à sacrer quand je réalise qu'elle a gagné et que je ne pourrai peut être que faire sécher la moitié de ma brassé... Puis je démarre un séchage et me rassoit. Au moment ou un personnage devient fou et triplement tordu dans mon livre, j'entend un rire sinistre... Ou peut être pas, mais à cet instant, il me semble sinistre au plus haut point... Sans doute les gens qui demeurent en haut... Je recommence ma lecture et dans un fracas incroyable, mon séchage s'arrête subitement, ayant besoin de plus d'argent pour continuer. Je remet un vingt cinq sous et le même manège se produit au cinq minutes pendant une demi-heure... J'ai beau me dire que je ne sursauterai pas la prochaine fois, je suis tellement plongé dans ma lecture que j'oublie à tout coup. Le linge est finalement sec, je le plie en remarquant à nouveaux l'ambiance sombre de l'endroit et en ne pouvant m'empècher de regarder partout, l'air sans doute paranoiaque... En se refermant, la porte de la sécheuse fait un grincement digne d'un horrible film d'halloween, re-sursaut... Je finis de plier mon linge en vitesse, tannée de me sentir ridicule à craindre une buanderie mais la craignant quand même et je pars enfin. Le soleil s'est levé entre temps et éclaire le bout du corridor qui emmène dehors et qui est du coup beaucoup moins épeurant. Arrivé au bout, une petite enseigne que je n'avais pas vu dans le noir et qui achève de me faire sentir ridicule...Souriez, une caméra vous regarde... C'était pour ça les rires???

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